jeudi 9 juillet 2020

Discours au conseil municipal d'installation du 5 juillet 2020


M. le Maire,

Mes chers collègues,

Mesdames et Messieurs,



C’est au nom du Groupe des Elus communistes et partenaires, qu’avec émotion et fierté, je m’adresse à vous en ce conseil municipal d’installation.
            M. le Maire, cher Laurent Cathala, nous tenons à saluer votre élection à la tête de cette nouvelle municipalité, résolument ancrée à gauche. Nous nous félicitons de l’excellent score obtenu lors du second tour de ces élections municipales; en effet, 69,82 % des électrices et électeurs cristoliens ont accordé leur confiance à notre liste. Qu’ils en soient chaleureusement remerciés! Composée à parité de femmes et d’hommes connus pour œuvrer dans le respect des valeurs de solidarité et de justice sociale qui vous animent, M. le Maire, la nouvelle équipe rassemble, sans clivage partisan, et c’est là sa force, des socialistes, des communistes, des personnalités de la Société civile et écologistes.

Tout d’abord, avant de revenir sur la séquence d’un scrutin municipal hors du commun, nous souhaitons exprimer toute notre compassion aux familles de notre ville qui ont été endeuillées lors de la crise sanitaire que nous avons traversée.

Au delà des applaudissements de 20 h honorant les personnels de santé, nous voudrions rendre hommage à tous les professionnels qui ont continué à travailler. Parfois, sans protection suffisante, en tout cas au début de l’épidémie, ils nous ont soignés, transportés, nous ont permis de nous alimenter, d’éliminer nos déchets, ont entretenu nos espaces publics. A vous tous, les travailleurs peu visibles, peu reconnus, peu gratifiés, il est juste de rendre un hommage appuyé.

Cette pandémie n’est pas terminée; un répit a permis cependant d’organiser le deuxième tour. Ce scrutin, unique dans l’histoire de la Cinquième République, s’inscrira dans notre mémoire collective.

Maintenu contre toute attente, le premier tour s’était tenu le 15 mars non seulement dans un contexte de peur du coronavirus mais aussi de défiance à l’égard d’un gouvernement plus acharné à faire adopter une réforme des retraites très impopulaire plutôt qu’à protéger les Français du danger imminent de pandémie.

Cette ambiance délétère a entrainé une très forte abstention, inhabituelle pour ces élections locales.

Dans notre ville, les électrices et électeurs ont placé notre liste conduite par Laurent Cathala nettement en tête. Du fait de la multiplication des candidatures, seule, en face de la nôtre, la liste de M.Thierry Hebbrecht a pu rester en lice au second tour. Ce résultat témoigne des difficultés rencontrées par la République en Marche pour s’implanter sur le plan local. Il faut dire que le Président Macron était apparu particulièrement hors-sol  tous ces derniers mois.

La participation a été encore plus faible au second tour. Celui-ci s’est déroulé plus de trois mois après le premier. Malgré les précautions rigoureuses dont les services de la Ville ont entouré les deux scrutins, la forte inquiétude sanitaire et l’absence réelle d’enjeu expliquent cette abstention historique.  Cette abstention est, il est vrai, un phénomène national. Mais, sa progression ne manque pas de nous inquiéter et devient un véritable défi à relever pour les élus que nous sommes.

Certes, c’est primordial, et nous nous en réjouissons, lors de cette campagne insolite du deuxième tour, notre liste a rencontré un accueil favorable auprès des habitantes et des habitants. Il faut dire qu’auparavant, au plus fort de la tourmente sanitaire, pendant ce confinement rendu indispensable faute d’équipements et de matériels, l’Etat a complètement perdu pied. Les collectivités locales ont alors pris le relais de façon magistrale pour venir en aide aux professionnels de terrain luttant au quotidien pour endiguer le fléau. Les élus, les agents municipaux, les associations soutenues par la ville et leurs bénévoles se sont impliqués de façon exemplaire pour agir tous ensemble pour le bien commun.

Que tous les acteurs publics et privés qui ont soutenu les actions solidaires trouvent l’expression de notre immense gratitude. La Municipalité a édité un livre blanc où toutes les actions développées pendant la crise Covid 19 sont détaillées.

Ainsi, chacun a pu reconnaître le rôle de la commune de Créteil et aussi celui du Territoire du Grand-Paris-Sud-Est-Avenir comme bouclier sanitaire, mais aussi social et économique.

Pour la population, le bilan des mandatures précédentes est positif. La ville de Créteil est dynamique, écologique et solidaire. C’est le bilan d’une majorité municipale stable auxquels nous, communistes et partenaires, avons pris depuis 1995  une part que nous revendiquons avec fierté. C’est aussi le travail de toute une équipe administrative et technique dont les agents sont engagés avec conviction au service du public. Saluons l’implication des services publics de proximité pour le bien vivre à Créteil.

Au cours de nos échanges avec les Cristoliennes et Cristoliens, nous avons entendu les attentes fortes en matière de logements, d’emplois, d’accès aux soins, de besoin de commerces de proximité et de transition écologique.

Ce seront des priorités de la prochaine mandature.

Dans le programme municipal, nous nous engageons à renforcer les actions en matière de développement durable, de rénovation urbaine, de politique sociale et familiale, d’éducation, de prévention santé, de lutte contre toute forme de discrimination, d’accès au sport, à la culture, toutes actions plébiscitées par la population. Mais stabilité ne veut pas dire immobilisme, la Ville innove également, comme l’a évoqué M ; le Maire: il en est ainsi de l’embauche de gardes-urbains pour lutter contre les incivilités et nuisances, comme de la mise en place imminente d’une complémentaire santé communale favorisant le remboursement des soins médicaux. Elle s’adapte aussi: avec le programme dynamique antirouille 2020 de juillet août - je vous le recommande -, ou encore la retransmission en direct du conseil municipal de ce jour.

Cristoliennes et Cristoliens, au cours de cette mandature, comme au cours de toutes celles qui ont précédé, vous trouverez les élus communistes et partenaires à votre écoute, à la disposition de tous, sans exclusion.

M. le Maire, vous trouverez en nous des alliés loyaux et solidaires pour contribuer à la mise en œuvre du programme municipal avec l’ensemble de nos collègues de la majorité.
            Mesdames et Messieurs, je tiens à saluer les camarades qui, pour des raisons diverses, n’ont pas souhaité se représenter pour un nouveau mandat.

Deux conseillers municipaux :

Hédi Condroyer, jeune élu, nous quitte pour des raisons professionnelles,

Hala Babikir appelée à rejoindre son pays natal, le Soudan, lequel s’est engagé dans une transition démocratique et où œuvre déjà son époux  depuis plusieurs mois

Deux Maires adjoints, Danielle Defortescu, après près de 20 ans d’engagement pour notre commune, et particulièrement dans le quartier Nord, elle prend une retraite bien méritée. Je ne doute pas que nous la croiserons souvent, Danielle, présente dans diverses activités militantes.
            Quant à notre camarade Jean-Pierre Héno, il a effectué le même nombre d’années de  mandats que Danielle. Lui, bien connu dans la ville, occupait le poste de Maire adjoint aux sports et a présidé notre groupe de 2014 à 2020. Solidaire, fraternel, humain, nous le remercions vivement. Il avait succédé dans ce rôle à Jean-Jacques Porcheron, communiste historique de Créteil qui a toujours défendu, comme nous tous ici, le rassemblement des forces de progrès social et écologique.

Merci de votre attention.

Martine Garrigou-Gaucherand

mardi 2 juin 2020

Intervention sur le budget de l'année 2020


M. le Maire, Mes chers collègues, Mesdames et Messieurs,


            Le 24 février dernier, lors de l’examen des orientations budgétaires, nous étions loin d’imaginer ce qui nous attendait.

            Du fait de l’annulation de la tenue du second tour qui aurait dû se dérouler le 22 mars, nous nous retrouvons dans une conjoncture particulière ; en effet, ce sont les élus municipaux dont un certain nombre sont sur le départ  qui sont amenés à examiner le budget de l’année 2020. Espérons que les conditions sanitaires seront réunies pour que le second tour ait bien lieu le 28 juin comme envisagé de façon à installer les exécutifs des communes et des intercommunalités avant l’été.
            Comme l’a évoqué avec son brio habituel notre collègue, Maire adjoint aux finances, Joël Pessaque,  l’équilibre budgétaire  est affecté par la crise sanitaire majeure et inédite que nous connaissons - j’en  parle au présent, en effet, elle persiste, la vigilance s’impose encore.

            Tout d’abord, nous tenons à remercier vivement les services municipaux qui ont travaillé dans des conditions ô combien difficiles pour élaborer et amender jour après jour ce budget. Très probablement, des décisions modificatives nous serons proposées dans le courant de cette année.          

            Ce budget se doit d’intégrer des prévisions de recettes revues à la baisse, du fait de l’incidence économique de la crise, et des dépenses supplémentaires occasionnées par la crise sanitaire proprement dite.

            Du fait de l‘incurie du gouvernement, devant la gravité et l’ampleur de la crise sanitaire qui s’est abattue au mois de mars sur nos concitoyens, la Ville de Créteil, tout comme d’autres collectivités territoriales, a dû engager des dépenses  qui ne sont pas  de son ressort.
             Ainsi, ce sont plus de 40 000 masques que la Ville, avec l’appui de la Région Ile de France et du Département, a contribué à distribuer aux soignants tant hospitaliers que libéraux. et aux salariés des EHPAD, si durement touchés. Les masques et visières de protection étaient, en effet, pour ces professionnels placés en première ligne de la pandémie, absolument indispensables pour assurer leur sécurité. Ont été approvisionnés également les agents territoriaux qui ont maintenu la continuité du service public, indispensable aux citoyens.  Rendons d’ailleurs, au passage, un hommage appuyé à tous ces fonctionnaires. Les  Cristoliens dits «  à risque » ont reçu, quant à eux, à leur domicile, 5 masques grand public et, enfin, des distributions ont été organisées dans 20 points différents pour l’ensemble de la population.  Pour lutter contre la maladie due au coronavirus, les hôpitaux ont été dotés de matériels et d’équipements, parfois coûteux, et deux gymnases ont été mis à disposition des équipes soignantes. 

            Je vous renvoie au livre blanc de Créteil élaboré au cours du mois d’avril où vous trouverez le détail des actions menées dans cette période et celles qui sont prévues dans les mois à venir.  Une fois de plus, nous constatons  que la Ville joue le rôle de bouclier social et solidaire au service des plus fragiles d’entre nous, et aussi celui de bouclier anti crise pour le tissu économique et associatif et, ce dernier rôle, en partenariat avec le Grand-Paris-Sud-Est-Avenir.

            Notre collègue Joël Pessaque nous l’a indiqué dans son rapport : nos finances sont prises dans un redoutable mouvement de ciseaux : 3 M€ de recettes en moins, 1,1 M€ de dépenses supplémentaires auxquelles s’ajoute une dotation majorée pour le CCAS.

            Malgré cette situation, nous nous félicitons que les orientations budgétaires soient maintenues :

  • Gel de la fiscalité locale pour préserver le pouvoir d’achat des Cristoliens

  • Choix politique de renforcer le service public de proximité
  • Reconduction du haut niveau des subventions aux associations qui œuvrent dans les domaines sanitaire, social et culturel
  • Maintien des investissements en faveur du cadre de vie et de l’environnement
  • Poursuite des  actions en faveur du développement durable (rénovations thermiques, par exemple)

      C’est pourquoi nous voterons sans réserve le budget tel qu’il nous est présenté ce soir. Parallèlement, nous revendiquons que les collectivités locales soient particulièrement aidées, et, ce, pour deux raisons essentielles : d’abord, comme nous l’avons souligné, elles ont soutenu et accompagné les populations dans cette crise; ensuite, elles seront demain des leviers essentiels dans le redémarrage économique de notre pays – rappelons qu’elles représentent encore 73 % de l’investissement public. Elles ne doivent plus à l’avenir être considérées comme des variables d’ajustement de la dépense publique.

      Mais, à propos de l’aide aux collectivités, un mauvais signal est envoyé par le gouvernement au sujet des masques. Nous avons connu des changements de stratégie adaptés à la pénurie, une gestion calamiteuse des stocks et des mensonges ; à présent,  le gouvernement, espérant redorer son blason, a annoncé le remboursement, à hauteur de 50% de leur coût, des masques fournis par les collectivités territoriales. En fait cet engagement n’est pas suivi d’effet. Une circulaire précise que cette prise en charge n’est applicable qu’aux commandes passées entre le 13 avril et le 1er juin et dans des limites d’un prix de référence très bas. Encore une entourloupe, une arnaque du gouvernement.

      Jacqueline Gourault, la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, promet des dispositions d’aides plus substantielles lors de l’examen du troisième projet de loi de finances rectificative qui devrait être débattu par le Parlement cet été. Mais Gérald Darmanin, le ministre des Comptes publics, a déjà prévenu : ce serait une erreur de croire que l’État pourrait indéfiniment verser des compensations aux collectivités. Traduction : les collectivités devront se serrer la ceinture. Ce qui n’est en rien une fatalité ; nous exigeons la création d’un fonds de soutien d’urgence aux collectivités, à  hauteur de la perte de recettes constatée.

      Pour le financer, il faut d’autres choix politiques et ils sont possibles.

      La taxation des riches reste la grande absente de la politique gouvernementale. Début avril, 16 organisations et syndicats (entre autres : ATTAC, CGT , Confédération paysanne, Convergence nationale des services public) ont réclamé une fiscalité plus juste et redistributive : outre le rétablissement de l’ISF, il faut taxer les transactions financières, et mener une véritable lutte contre l’évasion fiscale. Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, de son côté, propose que le capital soit soumis au barème de l’impôt sur le revenu, de créer de nouvelles tranches d’imposition pour les très hauts revenus et d’imposer exceptionnellement les entreprises dans des secteurs épargnés par la crise (ex : les grandes sociétés d’assurances jusqu’à présent peu sollicitées).Mais les choix économiques du gouvernement apparaissent tout autres : le cap néolibéral n’est pas seulement maintenu, il est renforcé. Les flots d’argent - 20 milliards d’euros - injectés par l’Etat dans les entreprises stratégiques en difficulté le sont sans aucune contrepartie. Ni les familles fortunées, ni les actionnaires ne sont mis à contribution. Et, on ne se soucie pas, non plus, de récupérer les sommes colossales évanouies dans les paradis fiscaux. Avec les deniers publics, on maintient à bout de bras la machine économique dans l’attente de jours meilleurs. C’est ainsi qu’on socialise les pertes, et qu’on privatise les profits. La troisième loi de finances rectificative, s’annonce dans le droit fil des deux précédentes, empreinte de la même orthodoxie. Comme quoi, en Macronie, le jour d’après ressemble furieusement au jour d’avant. En pire.


Martine Garrigou-Gaucherand

mercredi 13 mai 2020

Communiqué du groupe des élus communistes, républicains et citoyens de Créteil


Comme nos concitoyen.nes, nous sommes inquiets à quelques jours de la sortie du confinement. Nous ne faisons pas confiance à la stratégie recommandée par le gouvernement. Elle n’est pas liée à la recherche de la sécurité sanitaire pour tous, mais s’est adaptée en fonction des pénuries de matériels et sous la pression visant à la reprise économique rapide.         

            Le retour des enfants sur le chemin de l’école, c’est un impératif pédagogique et de justice sociale. Dans la mesure où les conditions de sécurité ne sont pas réunies, nous partageons totalement, à la fois le refus de l’association des Maires d’Ile-de-France de rouvrir les écoles le 11 mai prochain, mais aussi les inquiétudes des enseignants, comme celles des parents. Le délai est trop court pour assurer la sécurité sanitaire, pour garantir des conditions de travail correctes aux élèves, aux enseignants et aux agents territoriaux et pour apaiser les craintes légitimes  des parents d’élèves. L’argument, selon lequel c’est un moyen de lutter contre les inégalités sociales, ne tient pas ; en effet, il est contredit par la programmation à la rentrée de septembre de nombreuses fermetures de classes : 2 à 6 fermetures à Créteil.

            Nous soutenons la motion intersyndicale Snudi-FO 94, Snuipp-FSU 94, CGT Educ’Action 94 et SUD Education 94, signée par plus de 160 professeurs des écoles de Créteil : « Pas de rentrée scolaire le 11 mai alors que les conditions sanitaires ne sont pas réunies ». Bien évidemment, comme lors de la période de confinement, les enfants des personnels mobilisés pour la lutte contre la pandémie et les enfants des enseignants volontaires dans ce cadre seront accueillis à l’école.

            Comme le gouvernement l’a souligné, la stratégie du déconfinement passe par le triptyque protéger, tester et isoler.

            Protéger : L’Etat doit donc garantir le droit aux masques gratuits pour toute la population.

            C’est une bonne décision que de rendre obligatoires dans les transports en commun les masques chirurgicaux, encore faut-il en fournir. L’Etat n’étant pas en mesure de fournir le nombre des masques nécessaires, ce sont les collectivités qui ont pris le relais. A Créteil, la municipalité fa déjà fourni 5 masques chirurgicaux aux plus de 65 ans et doit adresser sous peu un masque « grand public » à chaque Cristolien. Le Département a commandé 1 million 500 masques qui doivent être livrés bientôt.

            Nous sommes scandalisés de constater que la grande distribution réussit ce que la puissance publique ne parvient pas à accomplir : comment des acteurs privés peuvent-ils réaliser du profit sur la santé et la sécurité de nos concitoyens, des personnels médicaux et para médicaux et des salariés du médico-social ? Nous exigeons la réquisition par l’Etat des masques disponibles dans la grande distribution.

            Tester, on en parle toujours au futur : et pourtant, depuis le 16 mars, c’est une recommandation majeure de l’Organisation Mondiale de la Santé. (OMS).  Les atermoiements du gouvernement ont fait perdre de précieuses semaines au pays. A l’hôpital Henri Mondor, pour pallier l’incurie de l’Etat, le Territoire du Grand- Paris-Sud-Est-Avenir a financé un scanner pulmonaire à des fins de diagnostic et de suivi des lésions pulmonaires du Covid-19.

            Isoler, le gouvernement se désengage une fois de plus, puisqu’il reviendra aux préfets et aux collectivités territoriales de définir ensemble, avec les acteurs associatifs, les professionnels de santé et les acteurs de la prise en charge à domicile, le plan d’accompagnement des personnes placées à 07/05/2020l’isolement.

            Que ce soient les  « brigades » chargées de remonter les cas contacts, ou l’application StopCovid, ces dispositifs, décidés dans l’improvisation et la hâte, posent des difficultés majeures en terme de secret médical, pour les unes, et de protection des données personnelles, pour l’autre.

           

            Nous exigeons :

·        Des créations de postes dans le service public, à commencer par la santé et l’éducation

  • La maîtrise publique des masques et des tests et non la marchandisation de la santé
  • Un plan d’urgence sanitaire pour la reprise de l’école (démocratie sanitaire, développement de la médecine scolaire)
  • L’abrogation des mesures dérogatoires au droit du travail (temps de travail, congés payés, repos dominical)
  • Le maintien du pouvoir d’achat (blocage des prix, gel des loyers, et des factures, chômage partiel payé à 100%, allocation de solidarité)
  • La protection des  salariés
  • L’encadrement du télétravail
  • La sélectivité et le suivi des aides aux entreprises conditionnées à des critères sociaux et environnementaux.

  

Lettre ouverte au Président de la République

Créteil, le 16 avril 2020

Monsieur le Président de la République,

Si je m’adresse aujourd’hui à vous, au nom du groupe des élus communistes, républicains et citoyens de la ville de Créteil, c’est pour vous dire que nous sommes très en colère et expliciter les raisons de notre colère.
Depuis maintenant plusieurs semaines, une pandémie frappe la France,l’Europe et le monde. Due au SARS-CoV-2, désormais connue sous le nom de COVID19, elle a fait, depuis son apparition fin décembre en Chine, pas moins de 140 000 morts dans le monde, dont 90 000 en Europe, deux millions de personnes sont contaminées. A ce jour, dans notre pays, on nous annonce plus de 17 000 décès et plus de 6 000 personnes en réanimation.
Si personne ne pouvait anticiper cette épidémie, précisément, on pouvait néanmoins prévoir l’effondrement de notre système de santé devant une crise sanitaire quelle qu’elle soit.
Combien d’alertes depuis dix ans ? Des centaines, voire des milliers.
Partout, sur tout le territoire national, soignants, infirmiers, médecins, directeurs d’hôpitaux, internes, personnels des EHPAD, ont crié, ensemble, leur colère face aux politiques d’austérité imposées par les gouvernements successifs.
Vous le saviez, et la crise le dévoile au grand jour, nos hôpitaux publics n’étaient pas prêts à affronter une épidémie d’une telle ampleur. Comment auraient-ils pu l’être, prêts, alors que les politiques libérales de santé avaient entraîné la fermeture de 4 500 lits en deux ans et la suppression de centaines de postes ? Depuis votre arrivée au pouvoir en 2017, le budget des hôpitaux publics a été amputé d’1,5 milliard d’euros.
Vous étiez prévenu : rappelez-vous l’été 2019, un véritable cauchemar aux urgences des hôpitaux où le temps d’attente pour les patients se comptait en jours et non plus en heures ; rappelez-vous, cet automne, lors de l’épidémie annuelle de bronchiolite qui sévissait en Ile de France, les services de
réanimation pédiatrique étaient saturés et des bébés de moins de deux ans étaient transférés parfois à plus de 200 kms de leur domicile.
A Créteil, le 4 février à 21 heures, 115 fenêtres de l’hôpital Henri Mondor avaient été allumées sur cinq étages pour former trois lettres géantes sur la façade « SOS ». Un cri d’alarme visible à des kilomètres à la ronde pour dénoncer le manque de moyens. Fallait-il que le personnel soit déterminé,
inquiet, exaspéré, pour parvenir à organiser une telle action !
A l’hôpital Mondor, dans le passé, grâce à une mobilisation des personnels, des usagers, des élus, dans leur diversité politique, les services de chirurgie cardiaque et de chirurgie hépatique, menacés de fermeture, avaient pu être sauvés.
Mais vous-même et votre gouvernement êtes restés sourds aux alertes successives, comme à celles relayés par les députés et sénateurs communistes et apparentés. A l’issue de leur tour de France des hôpitaux, après avoir visité 150 établissements, ces élus ont déposé un projet de loi pour que soient prises des mesures d’urgence pour la santé et les hôpitaux. Rien n’a été fait, ou si peu.
Le désengagement progressif de l’Etat a entrainé une gestion calamiteuse de ce qu’il faut bien appeler une catastrophe sanitaire.
Notre incapacité à produire des masques met en exergue des années de casse industrielle, y compris à l’égard d’entreprise d’utilité publique, où le choix a été fait de délocaliser, d’externaliser et de sous-traiter. Même la politique des stocks, indispensable pour anticiper les crises, a été abandonnée.
Toujours au nom du même dogme : faire des économies !
Face à la gravité de la situation, c’est vers les élus de proximité,particulièrement municipaux et départementaux, que se tournent les Français.
Leur rôle est déterminant : engagés, les élus sont aux avant-postes pour faire respecter le confinement, organiser la solidarité auprès des plus fragiles, assurer la continuité des services publics et répondre aux attentes et aux interrogations de nos concitoyens.
A Créteil, les services suivants sont assurés : portage des repas aux personnes âgées, lien téléphonique avec les Cristoliens isolés, accueil des collégiens et des enfants de soignants et de personnels de sécurité, ouverture de lieux de soins dédiés aux patients Covid + etc…
Les communes rappellent avec force qu’elles demeurent le lieu de proximité le plus adéquat, essentiel à la vie quotidienne. Je tiens ici à saluer le formidable dévouement des agents communaux qui assurent la continuité de ces services publics. Le pays tient aussi grâce à eux !
Alors que l’Europe vient d’abolir la règle déjà infondée des 3 % de déficit, je vous demande de mettre fin à « la règle d’or des communes » pour permettre à celle-ci de se donner les moyens de répondre aux besoins des habitants.
Les élus locaux font face aux demandes des professionnels de santé, des personnels de sécurité, des enseignants, des aides à domicile, des employés communaux et territoriaux, des personnels des EHPAD, et de tous ceux qui, en contact avec du public, n’ont pas de matériels de protection nécessaires.
Cela fait maintenant plusieurs semaines que cette demande de matériel est exprimée. Elle devient chaque jour plus pressante. Des entreprises, des associations ont pris l’initiative d’en produire elles-mêmes pour répondre à ces besoins et nous les en remercions vivement. Mais, à ce jour, les masques
restent contingentés et les tests demeurent réalisés de façon très insuffisante au regard des préconisations de l’Organisation Mondiale de la Santé.
Aussi, M. le Président, il faut tout mettre en oeuvre pour fournir, en urgence, les moyens humains et matériels manquants : tests, masques, gel et médicaments.
Comment imaginer que le déconfinement annoncé pour le 11 mai puisse se dérouler dans des conditions sanitaires acceptables ?
L’annonce, selon laquelle, seules, les personnes présentant des symptômes du Covid-19 seraient testées, a fait réagir le milieu médical, dès le 13 avril au soir.
Les médecins réclament un dépistage massif pour casser les chaînes de contamination. Si cela n’est pas mis en place, on peut s’exposer à une seconde vague d’épidémie.
Les activités non essentielles devraient être totalement arrêtées. Il n'est pas possible d'affirmer que l'on veut protéger les populations et laisser, en même temps, le patronat faire repartir la production dans des secteurs qui ne sont pas immédiatement vitaux pour le pays.
Relancer l’activité économique ne doit pas se faire au prix de sacrifices de milliers de vies. Sans masques en nombre suffisants, sans tests efficaces, sans traitement éprouvé, comment envisager la réouverture, même progressive, des écoles, collèges, lycées au 11 mai prochain ? Alors que, dans le
même temps, les fermetures de tous les lieux publics sont maintenues ? Ce sont des décisions incohérentes et dangereuses.
Le 13 avril, vous n’avez pas dit un mot de la situation dans les EHPAD, alors qu’une tribune parue dans le journal « Le Monde », signée par des professionnels et de nombreux élus, dénonce le manque en moyens humains et matériels dans ces établissements. L’Etat ne peut pas les accompagner et
pendant ce temps, la mortalité continue. Encore un scandale sanitaire. Cette épidémie et sa gestion sont un miroir extrêmement puissant des faiblesses de notre société, basée sur des logiques de concurrence et de profits. Nous assistons à un effondrement du logiciel libéral. La crise actuelle
touche la finance, l'économie, les écosystèmes, le politique, le géopolitique,l'alimentation, l’éducation, le logement. Aucun secteur n’est et ne sera épargné.
Personne n’en mesure aujourd’hui les conséquences.
Aussi, notre responsabilité est de préparer « le jour d’après ». En vérité, il a déjà commencé. Ne soyons pas dupes, les choix qui vont structurer le monde de demain, vont se jouer dans les prochaines semaines.
Les contradictions entre vos discours et les actes sont flagrantes.
Le discours : « Il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché », ces mots sont les vôtres, le 12 mars dernier. Vous avez récidivé le 31 mars en affirmant « qu’il faut produire plus sur le sol national pour réduire notre dépendance et nous équiper dans la durée » ; vous
avez même osé le terme de « maîtrise de protection industrielle ». Mais, vous refusez de sauver la dernière usine d’Europe située près de Clermont Ferrand, laquelle fabrique des bouteilles d’oxygène, vous acceptez ainsi que la France soit dépendante des marchés étrangers.
Le discours : « La santé gratuite est un bien précieux ; il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. Un plan d’investissement massif devra être conduit pour l’hôpital public. » Mais, qu’apprend-on avec stupéfaction par Médiapart : qu’une note d’experts de la
Caisse des Dépôts commanditée par l’Elysée prévoit au contraire d’aggraver la marchandisation de la santé et de l’hôpital.
Face à la gravité de la crise qui nous frappe, les réponses doivent être à la hauteur des enjeux. Il s’agit de changer de logique et de changer le monde !
Priorité doit être donnée aux Services Publics, nationaux comme communaux. Qu’ils soient érigés en bien commun de la nation !
Plaçons l’écologie, la juste répartition des richesses, l’intérêt général et la justice sociale au coeur des politiques publiques de ce pays.
Nous avons besoin d’un grand plan d’investissement pour la recherche médicale, pour un pôle public du médicament, et pour l’hôpital public. Cela nécessite des milliers d’embauches, la revalorisation des salaires, des ouvertures d’hôpitaux de proximité publics dotés d'urgences, de maternité et
de plateau technique, et une toute autre gouvernance !
Monsieur le Président, alors que des millions de salariés sont en situation de chômage partiel, que des milliers risquent de perdre leur emploi, que de nombreuses TPE et PME risquent de disparaitre, je vous demande de prendre des mesures immédiates pour interdire aux entreprises du CAC-40 de
verser des dividendes à leurs actionnaires et d’utiliser cet argent pour alimenter un grand fond de solidarité nationale à destination des communes, des associations et de tous les acteurs qui se retrouvent aujourd’hui en première ligne dans la lutte contre le COVID19.
Bien évidemment, rétablir l’Impôt Sur la Fortune et supprimer la flat-tax (impôt à taux unique pour les revenus du capital) sont deux mesures qui s’imposent dans le contexte économique.
Aujourd’hui, les professionnels soignants, soutenus, applaudis par tout le pays se donnent corps et âme, admirables pour sauver des vies.
Mais nous, comme eux, nous avons la rage au coeur.
Vous avez repris l’expression « les jours heureux » dans votre discours du 13 avril. C’est une référence historique au programme du Conseil National de la Résistance. Nous vous prenons au mot : nous veillerons à ce que vous mettiez réellement en oeuvre un programme progressiste pour notre société.
Respectueusement

Martine GARRIGOU-GAUCHERAND
Conseillère municipale de Créteil déléguée à la Santé
Vice-Présidente en charge de la Politique de la ville.

jeudi 5 mars 2020

Aide sociale CCAS de Créteil à destination des grévistes


Créteil, le 5 mars 2020



Au cours de ces deux derniers mois, plusieurs professions, dont les enseignants, ont été à la pointe du mouvement social contre le projet de loi des retraites qui vise, à la fois, à augmenter le nombre d’années de cotisations, mais aussi, à baisser le montant des pensions. Le gouvernement, malgré la mobilisation de professionnels en grand nombre et de tous horizons, malgré une opinion publique rejetant massivement ce projet de retraite par points, a décidé de rester sourd aux revendications et de passer en force en utilisant l’arme constitutionnelle du 49-3, muselant ainsi les parlementaires et interrompant brutalement le débat. 


Cette bataille a eu des répercussions non négligeables sur le budget des familles de grévistes.

A cet égard, je tiens à vous signaler que le Centre Communal d’Action Sociale de la Ville de Créteil peut fournir une aide financière aux grévistes cristoliens ayant subi des pertes de ressources liées à la mobilisation de ces derniers mois.


Il convient pour cela de prendre rendez-vous auprès du CCAS au numéro suivant : 01 49 80 18 94


Chaque situation sera appréciée individuellement en fonction de la composition de la famille, du niveau de ressources et de l’importance de la perte de revenu résultant des grèves.


Pour bénéficier d’une aide, il faut ainsi pouvoir justifier :


·         De sa situation familiale (livret de famille)

·         De ses ressources (avis d’imposition)

·         Du niveau de perte de ressources (fiche de paye, attestation syndicale de grève)


Bien cordialement.




         Jean-Pierre HENO

Président du Groupe Communiste Républicain   et Citoyen de Créteil

mardi 11 février 2020

Réunion publique du 9 février 2020- Présentation liste électorale


Bonjour à toutes et à tous,

          C’est avec plaisir, qu’au nom  des candidats communistes et apparentés, je m’adresse à vous.

          Avant d’évoquer la situation spécifique de Créteil , revenons sur le contexte social bien particulier dans lequel est plongé notre pays. Depuis des mois maintenant, la colère gronde. Elle a touché, touche encore des milieux professionnels et sociaux nombreux et variés. Tous manifestent, c’est le cas de le dire, avec force l'exigence d'un autre modèle de société qui prendrait en compte le besoin de justice sociale et fiscale, l'urgence écologique et solidaire.

          Le gouvernement mène une politique rejetée à présent par une majorité de Français. Ils constatent la multiplication de soi-disant réformes les quelles sont imposées sans concertation et provoquent les pires régressions sociales: il en est ainsi de la suppression de l'ISF, la baisse des APL, la remise en cause du logement social, la refonte de l'assurance chômage, et enfin du projet très contesté concernant les retraites. Le fond du texte présenté au Parlement, c’est à la fois, la baisse des pensions, dans le public comme dans le privé, mais aussi l'allongement du nombre des années de travail. D’où la revendication des manifestants: pas un euro de moins, pas un jour de plus.     Cette politique du duo Macron-Philippe, soulignons-le est soutenue par les députés de la République en marche. Ne nous y trompons pas, elle vise aussi à diviser les citoyens, à les opposer les uns aux autres, fonctionnaires contre salariés du privé, salariés contre entrepreneurs, actifs contre retraités ou chômeurs.

          C’est à un autre modèle de société que nous, les communistes, nous aspirons.

          Une société au service de l’être humain et de la planète, une société solidaire et respectueuse de l’environnement et non pas inféodée à la finance et au CAC 40.

          Plutôt que la division, nous recherchons le rassemblement.

          C’est ainsi, qu’à Créteil, depuis 1995, nous participons à la majorité municipale constituée par des forces progressistes qui agissent pour une ville dynamique, écologique et solidaire.

          N’ayant pas attendu que l’écologie soit à la mode pour contribuer au développement durable, la ville a investi pour un chauffage urbain alimenté par la géothermie, par une pompe à chaleur et une usine d’incinération des déchets. Elle a favorisé la réhabilitation thermique des immeubles locatifs comme des bâtiments municipaux, fut novatrice en matière de tri et a développé les jardins familiaux et partagés. Renforcer tous ces axes reste une priorité, tout comme celle de promouvoir plus encore la mobilité douce.

          Malgré les contraintes financières liées aux baisses des dotations de l’Etat, le programme municipal de Laurent Cathala pour la prochaine mandature demeure ambitieux. Ce programme reprend un certains nombre des propositions que, nous, communistes,  avons avancées lors des négociations fructueuses que nous avons menées avec nos camarades socialistes. Ainsi, dans ces périodes où l’écart entre les plus riches et les plus modestes ne cesse de croître, la municipalité conservera son rôle de véritable bouclier social. Attentifs au niveau de vie des habitants, nous poursuivrons une politique sociale avec le quotient familial, le minimum vieillesse, le renforcement du nombre de places en crèche, la limitation des loyers sociaux, la mise en place d’une complémentaire santé communale. A noter que notre ville a été dans les premières à mettre en place un conseil local de santé mentale adossé au contrat local de santé signé auparavant.  Développer les nouveaux projets de renouvellement urbain, enrichir les offres variées pour tous et pour tous les âges dans le domaine éducatif, culturel et sportif, voilà qui ne peut que favoriser l’épanouissement de chacun, la tolérance et le vivre ensemble. Vivre ensemble, c’est aussi se mobiliser pour le droit des femmes et contre les violences intra familiales, c’est renforcer l’éducation à l’égalité Femmes-Hommes. Vivre ensemble, pour les seniors, c’est vieillir chez soi. A Créteil, c’est possible, et devant la demande qui s’accroît, démographie oblige, nous augmenterons l’activité du service des soins à domicile.

           Enfin, nous nous réjouissons de l’esprit d’ouverture avec lequel cette liste a été élaborée; ainsi, nous rejoignent de nombreuses personnalités de la Société Civile. Ces candidats sont connus pour œuvrer, à Créteil, dans le respect des valeurs de solidarité et de justice sociale qui nous animent. Venus d’horizons variés, ils représentent cette diversité qui fait la richesse de notre ville et nous sommes fiers, nous, communistes et apparentés de participer à cette liste de rassemblement conduite par Laurent Cathala.